Résilience cyber : votre entreprise est-elle prête à faire face à une cyberattaque ?
La résilience cyber mesure la capacité d’une entreprise à continuer de fonctionner lorsqu’une cyberattaque perturbe son activité, et elle est devenue indispensable dans un environnement numérique hyperconnecté pour les TPE et les PME. Pour les dirigeants de TPE et de PME, elle repose autant sur les outils de sécurité que sur la préparation des équipes, les sauvegardes et l’organisation de la reprise.
Lorsqu’un incident rend les ordinateurs, le serveur, la messagerie ou la téléphonie indisponibles, l’entreprise doit pouvoir réagir rapidement. Qui prévenir ? Quelles activités maintenir en priorité ? Quelles données restaurer en premier ? Comment informer les collaborateurs et les clients ?
Face à une cyberattaque, disposer d’un antivirus, de sauvegardes ou d’un prestataire informatique constitue une première protection.
Cela ne suffit pourtant pas à garantir la résilience cyber de l’entreprise. Qui doit intervenir ? Quelles activités doivent continuer ? Quelles données faut-il restaurer en premier ?
Pour vous aider à évaluer votre préparation, nous avons organisé le webinaire Test de résilience cyber en live. À travers dix situations, vous pourrez tester votre organisation en matière de prévention, de continuité et de reprise d’activité.
Qu’est-ce que la résilience cyber ?
La résilience cyber désigne votre capacité à anticiper une cyberattaque, à en limiter les conséquences, à maintenir vos activités prioritaires et à reprendre progressivement votre fonctionnement. Cette préparation doit couvrir toutes les étapes possibles de la cyberattaque, depuis l’intrusion dans votre système d’information jusqu’au vol, au chiffrement ou à la destruction de vos données.
Être résilient ne signifie donc pas être certain d’éviter toute attaque. Vous devez surtout connaître les ressources indispensables à votre activité et prévoir une organisation temporaire lorsque vos outils ne sont plus disponibles.
Cette préparation complète les mesures de cybersécurité, centrées sur la prévention et la protection, en intégrant aussi la continuité et la reprise. L’ANSSI recommande notamment de conserver des sauvegardes non connectées et de préparer un plan de continuité, un plan de reprise et un dispositif de gestion de crise.
Vous pourrez ainsi mieux réagir face aux principales menaces, comme l’hameçonnage, les logiciels malveillants, les rançongiciels ou les attaques DDoS. La cyber résilience constitue ainsi une approche plus large face aux menaces.
Réduire les risques avant la cyberattaque
Installer les mises à jour de sécurité contre les logiciels malveillants
La première situation de notre webinaire part d’une nouvelle faille Windows pour laquelle un correctif vient d’être publié. La question n’est pas seulement de savoir si la mise à jour existe. L’entreprise doit connaître son processus de déploiement.
Qui surveille les vulnérabilités ? Qui lance les mises à jour ? Comment vérifier que chaque poste concerné a bien reçu le correctif ? Une gestion automatisée et supervisée permet de réduire les interventions manuelles et de repérer les équipements restés en retard.
Cette démarche s’intègre plus largement dans la gestion de la cybersécurité de l’entreprise.
Bon à savoir : La gestion des vulnérabilités concerne également les produits numériques que vous développez ou commercialisez. Si votre entreprise propose des logiciels ou des équipements connectés, elle doit notamment tenir compte du Cyber Resilience Act (CRA). Ce règlement européen impose des exigences de cybersécurité pendant la conception, le développement et la maintenance des produits comportant des éléments numériques.
Les obligations de signalement des vulnérabilités activement exploitées et de certains incidents s’appliquent à partir du 11 septembre 2026. Les principales autres obligations entreront en application le 11 décembre 2027. Le marquage CE indiquera la conformité des produits concernés.
Renforcer la protection contre le phishing
Dans un autre scénario, l’un de vos collaborateurs reçoit un e-mail contenant une pièce jointe frauduleuse. Pour limiter les risques, plusieurs mesures doivent être associées.
Un filtre anti-phishing bloque une partie des messages suspects, y compris ceux rendus plus crédibles par l’intelligence artificielle, par exemple de faux échanges ou des demandes de virement présentées dans l’urgence. L’authentification multifacteur (MFA) limite les conséquences du vol d’un mot de passe, tandis que l’utilisation d’une solution de gestion des identités et des accès (IAM) réduit les risques de connexion non autorisée grâce à un contrôle des accès renforcé.
La sensibilisation aide également vos équipes à reconnaître une tentative de fraude.
Elle doit être complétée par une procédure simple leur permettant de signaler rapidement un message suspect au bon interlocuteur, et par une formation continue des employés sur le phishing, qui reste indispensable.
L’objectif est de réduire le risque d’erreur et d’en limiter les conséquences si un collaborateur clique malgré tout sur un lien ou une pièce jointe.
Maîtriser les droits d’accès
Le webinaire aborde également le départ d’un collaborateur susceptible d’emporter ou de supprimer des données. Pour prévenir ce risque, appliquez le principe du moindre privilège. Chaque utilisateur doit uniquement accéder aux ressources nécessaires à son
travail.
Les droits doivent être réévalués lorsqu’un collaborateur change de poste, puis supprimés rapidement lors de son départ. Les comptes d’administration nécessitent une protection renforcée et ne doivent pas être utilisés pour les tâches courantes.
Cette gestion réduit le nombre d’accès inutiles et limite les conséquences d’un compte compromis. Elle doit être complétée par des mots de passe robustes et uniques pour chaque service, ainsi que par l’authentification multifacteur lorsque celle-ci est disponible.
Protéger les données sensibles nécessaires à la reprise
Identifier les données et les outils prioritaires
Lors du test proposé pendant notre webinaire, nous avons demandé aux participants s’ils pouvaient identifier, en moins de deux minutes, les données nécessaires à la reprise de leur activité.
Cette question permet de distinguer les éléments indispensables de ceux qui peuvent attendre. Selon votre activité, vous aurez peut-être besoin de récupérer en priorité vos fichiers clients, vos commandes et vos données comptables. Dans d’autres situations, la messagerie ou une application métier devra être rétablie en premier.
L’objectif est de répondre à une question avant qu’un incident survienne. De quelles données et de quels outils avez-vous besoin pour recommencer à travailler ?
Vérifier que les sauvegardes sont réellement exploitables
Le scénario suivant du webinaire simule le chiffrement des postes de travail et du serveur local de sauvegarde. Si vos sauvegardes restent connectées en permanence à l’environnement compromis, elles peuvent être touchées par la même attaque.
Pour éviter cette situation, conservez au moins une copie isolée, externalisée ou hors connexion.
Vous devez également tester leur restauration. Disposer d’une sauvegarde ne garantit pas que vos données pourront être récupérées dans le délai attendu. Ces tests permettent de vérifier leur intégrité, d’estimer le temps nécessaire pour relancer vos services prioritaires et de limiter les perturbations en cas de perte, de corruption ou de chiffrement des données.
Nous détaillons cette démarche dans notre article consacré à la sauvegarde immuable et à la reprise d’activité.
Vous pouvez également consulter le replay de notre test de résilience cyber pour comprendre la différence entre sauvegarder vos données et préparer la reprise de votre activité.
Continuer à travailler pendant la gestion et la réponse aux incidents
Préparer un moyen de communication alternatif
Que se passe-t-il si la messagerie professionnelle et le standard deviennent indisponibles ? Sans canal indépendant de votre système d’information, la coordination entre vos équipes et les intervenants extérieurs devient plus difficile.
Prévoyez, par exemple, des téléphones mobiles, une messagerie externe ou un espace de communication réservé à la cellule de crise.
Conservez également les coordonnées de votre prestataire informatique, de votre assureur cyber et des autres interlocuteurs utiles sur un support accessible en dehors de l’environnement touché.
Définir l’ordre de reprise des services
Dans un scénario de notre webinaire, la réinstallation complète de l’infrastructure nécessite quatre à sept semaines. Ce délai appartient au test et ne constitue pas une estimation applicable à toutes les cyberattaques. Il souligne toutefois qu’une reprise complète peut prendre du temps.
L’enjeu consiste plutôt à éviter d’attendre la restauration de chaque équipement avant de reprendre le travail. L’entreprise doit définir les applications, machines et services à remettre en fonctionnement en priorité, en tenant compte notamment de ceux qui soutiennent directement le chiffre d’affaires, avec un objectif clair et des actions ordonnées. L’assureur cyber peut aussi constituer un interlocuteur utile dans la gestion de crise.
Cette organisation permet de rétablir progressivement les activités les plus importantes, d’obtenir des résultats mesurables sur la réduction des pertes et participe directement à la résilience cyber de l’entreprise.
Prévoir un fonctionnement en mode dégradé
Notre test aborde également l’indisponibilité temporaire des équipements présents dans vos locaux.
Pour poursuivre une partie de votre activité, vous pouvez prévoir des ordinateurs de remplacement, du télétravail temporaire, des accès sécurisés à certains services cloud ou des procédures manuelles.
Ces solutions doivent être préparées et testées avant un incident. Dans l’urgence, ne reconnectez pas un équipement et ne rétablissez pas un accès sans avoir vérifié son état de sécurité. Une reprise trop rapide pourrait permettre à l’attaque de se poursuivre ou de toucher les systèmes déjà restaurés.
Gérer les conséquences de la cyberattaque
Anticiper une éventuelle fuite de données
Lorsque les données clients sont compromises, la situation ne relève plus uniquement de l’équipe informatique.
L’entreprise doit savoir qui transmet l’alerte et qui coordonne les démarches. Il peut s’agir d’un délégué à la protection des données (DPO), d’un référent interne, du prestataire informatique, de l’assureur cyber ou d’un conseil juridique.
Les démarches dépendent de la nature des données, des circonstances de l’incident et des risques pour les personnes. La CNIL précise notamment que les obligations de notification varient selon le niveau de risque associé à la violation.
Préparer la communication de crise
Une cyberattaque peut perturber votre service client, retarder vos commandes ou affecter vos relations avec vos partenaires. Notre test vous invite donc à vérifier si vous disposez déjà d’un plan de communication de crise.
Identifiez à l’avance les personnes autorisées à communiquer au nom de votre entreprise. Préparez également des messages adaptés à vos collaborateurs, vos clients et vos partenaires, ainsi que des canaux alternatifs si votre messagerie ou votre téléphonie devient indisponible.
Pendant la crise, partagez uniquement des informations vérifiées. Cette organisation permet d’éviter les annonces prématurées, les messages contradictoires et les incompréhensions avec vos différents interlocuteurs. À long terme, cette préparation s’inscrit dans une stratégie de cyber résilience qui préserve la confiance des parties prenantes.
Comment améliorer sa résilience cyber ?
Une première démarche peut être menée en cinq étapes.
- Réaliser un état des lieux des équipements, des données, des applications et des
accès. - Identifier les activités qui doivent être rétablies en priorité.
- Corriger les faiblesses qui présentent les conséquences les plus importantes.
- Formaliser les rôles, les contacts et les procédures à suivre.
- Tester régulièrement les sauvegardes et les procédures de reprise.
Si vous répondez « Je ne sais pas » à plusieurs questions de notre test, vous avez déjà identifié un premier axe d’amélioration. Cette réponse peut révéler un manque de visibilité sur votre système d’information, une documentation incomplète ou une répartition insuffisamment claire des responsabilités.
Vous n’avez pas besoin de tout traiter en même temps. Commencez par les situations qui pourraient interrompre vos activités essentielles. Définissez ensuite les actions à mener pour réduire leur probabilité, détecter rapidement un incident et en limiter les conséquences.
Cette démarche doit tenir compte de l’ensemble du cycle de vie de vos équipements et
de vos services numériques. Elle comprend notamment l’installation des mises à jour, la maîtrise des accès, la protection des sauvegardes et la mise en place de moyens de détection et de réponse adaptés à votre environnement.
En cas d’incident, le CERT-FR publie des alertes, traite les demandes d’assistance technique et participe à la réponse aux cyberattaques. Selon votre activité, la nature de l’incident et les données touchées, d’autres obligations de notification peuvent également s’appliquer.
Passez de l’évaluation à l’action
Votre résilience cyber ne dépend pas uniquement de vos outils de sécurité. Elle repose aussi sur la préparation de vos équipes, la protection de vos sauvegardes, la maîtrise de vos accès et votre capacité à travailler temporairement en mode dégradé.
En identifiant vos priorités avant une cyberattaque, vous pourrez prendre des décisions plus rapidement, coordonner les intervenants et rétablir vos activités essentielles dans un ordre défini.
Regardez le replay de notre webinaire pour réaliser le test complet de résilience cyber.
Vous avez identifié plusieurs points de fragilité ? Contactez-nous pour évaluer vos risques et établir un plan d’amélioration adapté à votre entreprise



